Corps et Ombres, Caravage et
le caravagisme européen :
l'expression flamande
à Toulouse
Né à Caravaggio en Lombardie, Michelangelo Merisi, dit Le Caravage (1571-1610), vient à Rome vers l'âge de 15 ans. Il révolutionna la peinture de son temps et malgré une vie agitée, son influence fut considérable dans toute l'Europe. Célèbre pour son art du clair-obscur, le naturalisme de la représentation des corps, l’acuité des jeux de regard, il invite le spectateur à pénétrer dans la scène.
L’un des événements culturels majeurs de 2012 est la grande exposition d’intérêt national, "Caravage et le Caravagisme", la première à retracer la dimension européenne de cette expression artistique. Dans le cadre du réseau franco-américain des musées FRAME, elle est présentée conjointement par les musées des Augustins de Toulouse et Fabre de Montpellier, du 23 juin au 14 octobre 2012, puis au Los Angeles County Museum et au Wadsworth Museum à Hartford aux Etats-Unis.
Le musée Fabre met en valeur les artistes d’Italie (Manfredi, Gentileschi et sa fille Artémisia, Ribera, Caracciolo et Giordano), d’Espagne (Zurbaran et Vélazquez) et de France (Vouet, Valentin de Boulogne et Nicolas Tournier mais aussi Georges de la Tour et les frères Le Nain).
A Toulouse, qui fut la première terre d’accueil du caravagisme en France dès le début du 17e siècle, le choix de présenter les artistes des pays du Nord s’est imposé car le musée des Augustins possède dans sa collection quatre chefs-d’œuvre flamands et hollandais.
La Fondation Pays de France et le Crédit Agricole Toulouse 31 ont subventionné la restauration de trois tableaux :
- Ecce Homo, le Christ présenté au peuple de Wenceslas Coebergher sera présenté dans un nouveau cadre réalisé à l’ancienne dans la première section de l’exposition consacrée aux débuts du caravagisme. Seigneur, touche-à-tout de génie de la Renaissance, Coebergher est né Anvers vers 1561 et décédé à Bruxelles en 1634.
- L’Adoration des mages de Matthias Stom (vers 1600-après 1652) est l’un des clous de la section monographique consacrée à ce grand peintre méconnu du siècle d’or hollandais, considéré comme l'un des meilleurs représentants de l'École caravagesque d'Utrecht, qui fit l’essentiel de sa carrière artistique en Italie.
- Le Couronnement d’épines de Jan Janssens (Gand 1592- après 1650, doyen de la Gilde) constitue un point fort de la section flamande, avec une toile de Wautier (17e s) donnée en dépôt par le musée du Louvre.
Ces œuvres majeures resteront exposées dans l’église des Augustins en permanence, après leur retour d’Amérique du Nord.